Entre forfaits en série des cadors et tournois historiques boudés, le mois de février ressemble de plus en plus à une zone de turbulences pour l’ATP et la WTA. Après l’ivresse de l’Open d’Australie, la redescente est brutale. Enquête sur un mois qui interroge.
Le rideau est tombé sur Melbourne le 1er février dernier avec le sacre historique de Carlos Alcaraz et le triomphe d’Elena Rybakina. Mais à peine les confettis balayés, le circuit s’est enfoncé dans une étrange léthargie. Les démissions en cascade — à l’image du forfait de Carlos Alcaraz à Rotterdam ou de la fatigue affichée par les leaders du classement WTA — posent une question de fond : le mois de février est-il devenu dispensable ?
Le syndrome de la « gueule de bois » post-Grand Chelem
Pour les joueurs du Top 20, février représente un défi logistique et physique quasi insurmontable. Après un mois intense sous la chaleur australienne, le calendrier propose un cocktail indigeste :
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Chocs thermiques : Passer de l’été austral au dur indoor européen (Montpellier, Rotterdam).
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Surfaces disparates : Le retour de la terre battue en Amérique du Sud (Buenos Aires, Rio) alors que la tournée américaine sur dur (Indian Wells/Miami) pointe déjà son nez.
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Humidité et jet-lag : Les tournois du Golfe (Doha, Dubaï) demandent une acclimatation express que les organismes, déjà entamés, refusent parfois.
« Physiquement et mentalement, passer de Melbourne à la terre battue sud-américaine pour revenir sur du dur aux USA en quatre semaines, ça ne convient plus à personne », résumait récemment un consultant pour Puntodebreak.
Des tournois « chouchous » mais en danger
Pourtant, février abrite des pépites. L’Open Occitanie à Montpellier a encore battu des records de fréquentation, et Rotterdam reste un joyau de l’ATP 500. Mais sans les têtes d’affiche, qui préfèrent se préserver pour les Masters 1000 de mars, ces tournois perdent de leur superbe médiatique.
La disparition de tournois comme Metz ou le déplacement de Marseille en fin de saison (octobre) prouvent que l’ATP cherche déjà des solutions. Le calendrier 2026, bien qu’ajusté, semble encore être un compromis fragile entre impératifs financiers et santé des athlètes.





